1/1/2026
Difficile de renoncer à la question "Pour quoi ?" et lui substituer définitivement "Pourquoi ?" et "Comment ?". Les grands récits et l'idéologie entretiennent les illusions de la finalité.
2/1/26
Je me méfiais de ses intuitions (la supposée intuition féminine...), non parce qu'elles étaient erronées (des preuves ultérieures lui donnaient souvent raison) mais parce qu'elles incitaient à négliger la patience, la dialectique et l'élaboration conceptuelle de la connaissance discursive qui, seule, nous fait lentement progresser dans la compréhension du monde.
3/1/26
Il répétait qu'il n'y a que des points de vue, même la science, et que, comme tout point de vue est faux, il n'y avait finalement pas de vérité. Sauf des consensus utiles qui ne duraient pas...
En désaccord avec lui, j'affirmais que l'esprit scientifique, le sens critique des philosophes, conquêtes précieuses, n'étaient pas des points de vue comme les autres. Mais je pensais aussi que les idéologies pouvaient menacer gravement ces conquêtes précieuses.
4/1/26
Les faits sont têtus, les hommes le sont, dans leurs croyances, autant. Et le match peut durer longtemps...
5/1/26
Savoir, c'est pouvoir prévoir. Mais la difficulté vient toujours du nombre gigantesque de variables à maîtriser. Or l'action, mue par les valeurs, ne peut/veut pas attendre. Le savant court bien moins vite que le politique.
6/1/26
Comme le dit Einstein, ce qu'il y a d'incompréhensible, c'est que le monde soit compréhensible... Comment rendre compte de cet accord mystérieux (divin a-t-on vite pensé) entre l'intelligence mathématique et le réel ?
Cependant le rêve cartésien de la "mathématique universelle" n'est pas réalisé.
7/1/26
Pour l'instant la mathématisation des sciences humaines, y compris en économie, ressemble plutôt à un habillage pour en accréditer la rigueur.