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Octobre 2025

1/10/25

     Nous pouvons entrer dans le conflit sans mentir éhontément à notre opinion publique et à l'adversaire. Et nous serons donc au final les plus forts. La vérité est aussi une puissance. 

     Oui mais, lui dis-je, le mensonge peut triompher longtemps...

 

2/10/25

     "Car on ne se sent plus assez d'attraits pour plaire, ni de force pour aimer" : Proust, à propos du vieillissement... Le renoncement aux aventures sentimentales est une sagesse, mais qui s'accompagne de tristesse.

     À moins que, ni sagesse ni tristesse, on n'y pense même plus...

 

3/10/25

     Elle pense que ceux qui ont un sentiment d'unité intérieure et d'accord avec eux-mêmes et le monde ne l'expriment pas souvent, restent discrets. Et que l'on entend surtout l'immense clameur des petits névrosés...  Ce qui fausse notre perception de la réalité du bonheur dans le monde.

 

4/10/25

     Cette phrase de Proust, "le savoir n'est rien et ne pèse pas un fétu à côté de l'originalité", devrait bien d'avantage encore s'imposer à l'époque de l'intelligence artificielle. 

 

5/10/25

     La haine, la passion, l'habitude, la jalousie... Quoi d'autre ? Allons choisis bien ta chaîne, mon ami, s'il ne faut pas que tu t'envoles !

 

6/10/25

     Grand classique et pourtant méconnu de la manipulation politique :  le faux débat.

     D'abord il déplace les véritables oppositions, ensuite il crée l'illusion de la démocratie et enfin il contribue à la confusion dans les esprits, qui est le maître mot de la manipulation politique réussie.

 

7/10/25

     Les guerres qui ne disent pas leur nom : "maintien de l'ordre en Algérie" ou "opération spéciale en Ukraine"... Non, il s'agissait d'une guerre coloniale, il s'agit d'une guerre d'invasion.

     Preuve qu'employer le vrai mot risquerait d'être indéfendable. Et donc, ce qui est rassurant, que le pouvoir ne peut pas tout obtenir de sa population. À moins d'une propagande intensive et/ou d'une manipulation linguistique, comme celle étudiée par le philologue Victor Klemperer, par exemple, dans son opus sur la langue nazie.

     Quand un pouvoir emploie une parole de vérité, c'est le signe que, si désagréable soit-elle, le peuple est prêt, d'accord pour l'entendre. Exemple célèbre de Churchill : " I have nothing to offer but blood, toil, tears and sweat ».

 

8/10/25

     Frustrations sociales donc agressivité. Alors vite,  détournons cette agressivité de sa cible légitime, et trouvons- lui un bouc émissaire, réagit le pouvoir inique... Il y a toujours une communauté qui peut faire, à ce moment précis, l'affaire. 

 

9/10/25

     C'est un fait troublant : beaucoup de leaders politiques mûs par un idéal sincère, une éthique, sont assassinés par un fanatique issu du peuple... Pourquoi ? C'est qu'ils seraient en passe de réussir un impensable, une utopie qui effraye :  un monde uni, réconcilié. Et pourquoi ce monde-là ferait-il peur ? Parce qu'il implique l'acceptation de notre similitude de destins face à la mort.

 

10/10/25

     Le rêve nationaliste d'unification des diversités démocratiques sous la bannière commune de la Nation comme valeur suprême, si tentant soit-il, ne réalise son unité que contre un ennemi, de l'intérieur et/ou de l'extérieur. Il est donc forcément porteur de xénophobie et/ou de guerre.

 

11/10/25

    Le rêve capitaliste d'une société heureuse sous son régime est une pure fiction, déjà par le fait que la baisse tendancielle du taux de profit (cf. Marx) ne peut être efficacement contrecarrée que par une surexploitation du travail (salaires réduits et/ou cadences infernales) ou une délocalisation porteuse, sur place, de chômage. Chômeurs et surexploités au travail ne font pas une société heureuse, et le rêve capitaliste s'avère un cauchemar aseptisé (ou climatisé, cf. Henri Miller).

 

12/10/25

     Capitalisme + redistribution = social-démocratie, formule gagnante à condition : 

     1) que le "welfare state" ne pèse pas trop lourd.

     2) que les capitalistes consentent à partager.

     3) que le capital rapporte suffisamment.

 

13/10/25

     De la catastrophe environnementale, climatique et de l'explosion des inégalités économiques, il paraît logique que la solution qui s'impose soit un "écosocialisme" ; mais les gagnants de ce système en perdition préfèrent encore le chaos que renoncer à leurs bonnes affaires... Existe-t-il dans l'humanité une force à la fois inconsciente et incoercible qui la sauve de son extinction ? 

 

14/10/25

     Il me dit : " Les hommes sentent confusément dans leurs tréfonds qu'ils ne sont pas des anges, et ils ont peur des pulsions qui s'agitent en eux... Aussi, quand l'ordre du monde vacille, se mettent-ils à avoir peur des autres et d'eux-mêmes. Alors ils préfèrent payer le prix d'un régime autoritaire et même d'une dictature plutôt que celui d'un chaos largement fantasmé. Ils font toujours la même erreur d'évaluation et, à cause d'elle, ne progressent pas".

     Je pense que ce mécanisme de peur de la liberté doit être bien appris. Apprendre à préférer la maîtrise consciente plutôt que le refoulement, l'angoisse et la recherche d'un Père omnipotent. 

 

15/10/25

     Cynique, ou simplement lucide, Paul Valéry écrit que le droit est l'intermède des forces.

     Heureusement on a fait en sorte que le droit soit aussi accompagné de force.

 

16/10/25

     La prévisibilité de nos comportements n'est-elle pas une espèce de mort dans la vie, déjà plombée par les habitudes ? Si l'acte gratuit est possible, l'une de ses raisons est une protestation vitale contre cette voie ferrée qui nous conduit dans le précipice. C'est peut-être aussi ça dérailler...

 

17/10/25

     La mort nous laisse toujours dans l'inachevé. Inachèvement dans notre propre vie. Donc plus ou moins échec. Combien peuvent mourir vraiment "satisfaits" ? Et inachèvement des grands desseins de l'humanité. On ne peut pas même pas dire ce qui aboutira... Ainsi, comme l'écrivait Heidegger, "Le propre de la réalité humaine, c'est de ne jamais former un tout achevé. Impossible de tirer un trait."

 

18/10/25

     Toute la vie considérée depuis ces quelques moments avant de mourir, quand les pensées deviennent chaotiques et décousues... C'est la pièce de Beckett Oh les beaux jours !

 

19/10/25

     La mort des plus grands d'entre nous ne ralentit même pas le torrent de la vie, au point que nous finissons par croire que la mort n'est qu'un détail. 

     C'est vrai que je vais mourir. Tu vas mourir... Mais l'humanité, la vie, elles, continuent. Alors on a beau se répéter que chacun est irremplaçable. En fait chacun est vite remplacé !

 

20/10/25

     Elle me dit : le nombre, la variété et la virulence de nos maux imaginaires pourraient nous rendre l'imagination haïssable... En plus elle contribue à leurrer nos désirs ! Avec moins d'imagination nous serions plus heureux...

     Sans doute. Mais nous serions rivés au réel sans la possibilité de nous en échapper. Or cette échappée presque toujours possible, n'est-ce pas notre liberté ?      

 

21/10/25

     "Percevoir et imaginer sont aussi antithétiques que présence et absence. Imaginer c'est s'absenter,  s'élancer vers une vie nouvelle", écrit Bachelard. 

     Mais il faut revenir à la vie réelle... Que d'utopies appliquées furent et sont désastreuses parce qu'elles refusent le va-et-vient entre imagination et réalité ! Et le rêve devient un cauchemar réel...

 

22/10/25

     Dans la fameuse tirade d'Hamlet (Acte 3 , scène 1), c'est juste du sommeil et du rêve que le héros attend le salut... Peut-être n'est-ce pas seulement un oubli qu'il cherche. Peut-être trouvera-t-il dans le rêve une réponse cryptée à ses lancinantes questions !

 

23/10/25

     Elle me dit : quand la personne se fond dans la certitude de son imaginaire, elle devient folle... C'est le doute, la distance et l'esprit critique par rapport à son imaginaire qui font l'artiste.

 Oui mais alors cet "esprit critique" n'est-il pas l'intériorisation du regard des autres ? Ou des codes artistiques en vigueur ? En le révoquant et en laissant la création s'approcher de sa folie, Dubuffet a inauguré l'art brut.

 

24/10/25

     C est la fonction du réel qui nous socialise, car nous partageons la même réalité. C'est la fonction de l'irréel qui nous rend à notre solitude.

     Solo de la rêverie...

 

25/10/25

     La métaphore comme figure centrale de l'imagination créatrice. La métaphore est une promenade, un voyage ouvert dans toutes nos représentations.

 

26/10/25

     Les trouvailles du passé s'accumulent dans la mémoire. Et la mémoire devient énorme. Elle dépasse les possibilités mêmes de l'imagination. Et voilà pourquoi par exemple un puissant ordinateur a pu battre le champion du monde des échecs et toute son imagination tactique. 

 

27/10/25

     Il me confie qu'il est effrayé par sa propre imagination des scénarios de l'horreur. "Si je l'ai imaginé, d'autres aussi ont pu l'imaginer, et d'autres encore tenteront de le réaliser... Alors, conduite magique, j'interromps tout de suite ces affreuses rêveries !"

 

28/10/25

     Ampère définissait le génie comme "la faculté d'apercevoir des rapports". Intelligence ? Intuition ? Vision confuse ?... Tant de rapports existent, encore insoupçonnés, enfouis ! L'analogie aide beaucoup, mais il faut un esprit agile et vigilant. 

 

29/10/25

     L'imagination : capacité mentale à virtualiser le réel dans son esprit pour pouvoir en varier sans restrictions les possibles.

 

30/10/25

     Imaginer, c'est se donner le droit de congédier ses chères habitudes et l'évidence. 

     Ce droit, beaucoup ne (se) l'accordent pas. L'imagination reste potentiellement subversive. 

 

31/10/25

     Une imagination soigneusement dissimulée sous une perception affûtée donnant lieu à des descriptions minutieuses, isolant l'objet jusqu'à le rendre hallucinatoire : c'est l'un des aspects de l'art littéraire de Kafka.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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